background
Accueil Nous joindre English
Accueil Mots de Julie À la découverte des clémentines

Les mots de Julie

À la découverte des clémentines

Partager »
À la découverte des clémentines
Par Catherine Lefebvre, nutritionniste et globe-trotter gourmande
Collaboratrice invitée du Mouvement J’aime les fruits et légumes
 

Depuis que je suis toute petite, les clémentines occupent une place bien particulière dans mon cœur. En plus de rimer avec le temps des Fêtes, elles me rappellent tous ces beaux moments à regarder des Ciné-Cadeau avec mon frère. Encore aujourd’hui, je mets trois clémentines dans un bol et je m’installe confortablement dans le canapé. Le mieux, c’est lorsque je suis chez mes parents et que mon frère est là en même temps que moi. Les yeux rivés sur le téléviseur, nous ne voulons pas manquer les Astérix, Tintin et Lucky Luke, comme si nous ne les avions pas déjà vus des dizaines de fois!

Tout récemment, j’ai eu le bonheur de prendre part à un fabuleux voyage au Maroc, à la suite d’une invitation de l’agence Terres d’Aventure et Royal Air Maroc. Le comble du bonheur, j’étais sur place en pleine saison des clémentines, au moment même où plusieurs d’entre elles prenaient la route vers le Québec. Il y en avait partout sur les étals des marchés, dans les paniers sur les dos des ânes et même en guise d’attention d’accueil dans notre chambre d’hôtel à Essaouira.

Pour la petite histoire

Botaniquement, la clémentine est un hybride entre la mandarine et l’orange. Le clémentinier est donc stérile et il doit donc être multiplié par greffage, c’est-à-dire par l’insertion de la pousse d’une plante dans une autre plante. La bonne nouvelle : c’est ce qui explique pourquoi elle n’a bien souvent aucun pépin! Sa fine pelure facile à éplucher et sa chair juteuse et légèrement acidulée font de la clémentine un agrume des plus prisés.

Puis, elle doit son joli nom au frère Clément qui était responsable de la pépinière de sa congrégation, située tout près d’Oran en Algérie. C’est d’ailleurs pourquoi elle pousse si bien au Maroc, son pays voisin. Depuis son premier croisement à la fin du 19e siècle, la clémentine a poursuivi sa route en Tunisie, au Liban, en Italie et en France, surtout en Corse. À elle seule, l’île produit 98% des clémentines françaises et détient même son indication géographique protégée (IGP).

Au Québec, on reconnaît tout de suite la provenance des clémentines grâce au petit collant en forme de losange noir apposé sur chaque fruit et sur lequel il est fièrement indiqué, Maroc! Depuis 1972, nous avons le privilège de recevoir leurs clémentines chaque année, à temps pour les Fêtes de Noël. Et puisque la saison des clémentines s’étant du mois d’octobre à la fin janvier dans son pays de production, elles arrivent toujours chez nous au moment il commence à faire froid. De quoi apporter un peu de soleil pendant les longs mois de l’hiver.

Inspiration marocaine

Lorsque j’ai aperçu les clémentiniers tout près de la majestueuse mosquée Koutoubia – ou mosquée des libraires - à Marrakech, je me suis exclamée : wow! Des clémentines pour tous! En effet, il y a des dizaines de clémentiniers dans le grand jardin à côté de la mosquée. Bien que les fruits de la photo soient verts, ce sont bel et bien des clémentines. C’est leur couleur habituelle à maturité. Elles deviennent orangées lorsque le mercure dégringole.

Des bancs de parc étaient installés çà et là dans le jardin et les Marocains s’y posaient pour un instant, le temps de sentir les feuilles particulièrement parfumées des clémentiniers. Il leur suffisait de tendre le bras pour mettre la main sur une clémentine parfaitement à point. Si c’était moi, je crois bien que j’irais m’asseoir là tous les jours pour regarder les gens qui passent en pelant trois clémentines, comme j’ai toujours l’habitude de le faire. « Les clémentiniers dans les rues de Marrakech sont des arbres ornementaux pour agrémenter la Ville, explique Ali Warit de Krops Imports. Ce sont généralement des arbres qui donnent des fruits qui seront utilisés dans l'industrie de la parfumerie pour leurs huiles essentielles. Il y a des villes au nord du Maroc qui font toutefois pousser ce type d'arbres fruitiers dans certains quartiers. »

Voilà que je me suis dit que ce serait génial d’avoir des arbres fruitiers un peu partout dans les villes au Québec pour que tout le monde puisse se servir. Après tout, les municipalités plantent des arbres et des fleurs ornementales, pourquoi pas des arbres fruitiers, comme des pommiers, des poiriers ou des pruniers? Cela offrirait aussi de belles fleurs gorgées de pollen au grand bonheur des abeilles.

Une idée comme ça à transmettre à votre maire ou mairesse!

Crédit photos : Jad Haddad

Partager »
« Retour à la liste